Le « Dit tout laid »

Avec Noah, Arthur, Stéphanie et François.

Stéphanie a envie d’aller découvrir ce petit coin des Corbières.
Noah et Arthur sont disponibles. Go !

Petit bémol : Stéphanie ne maîtrise pas encore les déplacements sur corde. On glisse donc un peu de matériel de réchappe dans les kits, au cas où. Ça va bien se passer… On prévoit large côté timing. Deadline fixée à minuit.

L’initiation est… directe. À la descente, Stéf enchaîne les galères : problème d’éclairage, cuissard du baudrier qui remonte jusqu’à la commissure des genoux, difficulté à se délonger. Mais malgré tout, elle tient bon et finit par assurer comme une pro.

Pause repas au palier -2. Aujourd’hui, c’est grand luxe : on mange chaud, on mange chinois.

Pendant que la miss s’applique à ses recherches minérales, on en profite pour faire un aller-retour express aux étages -3 et -4 : 35 minutes chrono. La remontée s’annonce longue. Je laisse Noah et Arthur, qui ont désormais suffisamment d’expérience. Consigne claire : prendre le temps d’explorer les galeries labyrinthiques, ne pas se mettre en danger, et déséquiper proprement.

Message crypté : Monsieur N., n’oublie pas de prévenir Maman L. de l’heure de sortie, histoire d’éviter qu’elle s’inquiète. Grrrr…

Quand je retrouve Stéf, elle est prête pour la remontée. La gorge un peu — beaucoup — serrée, elle répète les gestes nouvellement appris et commence à prendre de la hauteur. Pousser sur la pédale vers le bas ? Plus facile à dire qu’à faire… Elle comprend la technique, mais s’attache à pousser vers l’avant. Résultat : une remontée… disons laborieuse. Très éreintante. On tape dans le dur. « Poussez fort, Madame, je vois la tête ! »

Elle le vit mal. Se sent nulle. Aucun apprentissage n’est trivial. Tiens ! Ca me rappelle le boulot. En réalité, elle assure grave. Aucune imprudence. À chaque fractio, les règles de l’art sont respectées, longe au bon endroit. Le seul hic : impossible de décrowler seule. Il faut l’aider à franchir l’obstacle. Ah, ce décalage entre danger réel et ressenti… Elle est stressée. Moi, je suis rassuré : elle est sécurisée en permanence sur trois points.

Les garçons nous rejoignent pour la remontée du dernier puits. Ils assurent avec une force tranquille et une lucidité déconcertante. Première fois que je vois Noah fatigué. Et pour cause : il s’est coltiné la remontée du kit avec 110 mètres de corde et toute la ferraille. Quinze bons kilos minimum. Respect gars !

À quatre mètres du palier de sortie, sur l’avant-dernier fractio, en plein vide, sans appui : impossible pour Stéf de décrowler. Épuisée, elle ne parvient plus à se redresser malgré l’aide. «Bon, c’est là qu’on meurt tous.» Avec Noah, on organise un palan couplé à une déviation humaine. Ouf. Sauvés ! On retrouve enfin le plancher des vaches.

Bravo la team ! Les gars ont assuré grave. Et notre « boulet » du jour n’en était finalement pas un.

Huit heures sous terre. Pas vraiment idéal pour une première — et peut-être dernière ? — découverte du monde souterrain sur corde. Mais quelle aventure ! Beaucoup de souvenirs pour tous et dix ans de thérapies économisés pour d’autres.

Montou – Préhistoziols Préhistoteens Préhistoolds

Avec Sophie, Roxane, Zoé, Faustine, Capucine, Matilde, Maëwan, Maël, Raphaël, Elsa, Héloïse, Aurélie, Damien, Guillaume, Alex, Denys, Pierre, Christophe, Félix, Noah, Arthur, la raya de Perpi : Alice, Maria, Jean-François et François.

Après deux mois de pluie quasi ininterrompue, le soleil fait enfin son grand retour. Le thermomètre dépasse les 20 °C… et nous en avions presque oublié ce que cela faisait ! Mais fidèles à nos habitudes, c’est sous terre que nous décidons de profiter de cette belle journée. Rencontre avec les chauves souris et autres concrétions.

Groupe des jeunes – Réseau supérieur

Les jeunes s’engagent dans le réseau supérieur par un puits artificiel. La progression débute par une désescalade dans un chaos rocheux, suivie d’une main courante aérienne où les plus grands doivent ramper pour franchir le passage. Un rappel de 15 mètres nous conduit ensuite vers la célèbre salle de l’Aigle.

Son accès est défendu par une chatière… très, très étroite ! Si les enfants la franchissent avec aisance, certains des plus grands doivent redoubler d’efforts pour ne pas rester coincés (voir la photo de Raphaël au retour !).

Dans la salle, place au jeu : descente d’un toboggan naturel avant de remonter par un escalier glaiseux particulièrement sportif. Il faut ensuite ressortir par la chatière pour revenir au pied du rappel. On se faufile dans des galeries étroites. Un détour par un laminoir poussiéreux sur la droite complète l’itinéraire avant une sortie par la grille.

Un goûter bien mérité vient conclure cette belle exploration.

Groupe des plus grands – Réseau inférieur

De leur côté, les plus grands partent explorer le réseau inférieur. Après un regroupement à la grille avec les plus jeunes, ils poursuivent la sortie en rejoignant à leur tour le réseau supérieur.

Mention spéciale à Noah et Arthur : ils avaient découvert ce réseau à l’âge de 7 ans. Aujourd’hui, ils encadrent les plus jeunes avec sérieux et enthousiasme. Bravo à eux !

De nets progrès

La progression des enfants est remarquable. Grâce aux compétences acquises sur les techniques de corde, ils sont désormais capables de s’engager dans des parcours plus techniques et ambitieux. Félicitations à tous pour votre engagement et votre esprit d’équipe !

Un grand merci à l’équipe du Club Alpin Français de Perpignan, et tout particulièrement à Alice, Maria et Jean-François pour leur accompagnement précieux.

Mention spéciale à Maria : sans elle, nous serions peut-être encore en train de chercher notre chemin dans ce réseau souterrain labyrinthique !

Montou

Le réseau souterrain de Montou est un vaste système karstique de plusieurs kilomètres, riche à la fois géologiquement et historiquement, mais exigeant pour ceux qui souhaitent l’explorer.

Situation et contexte géologique

La colline de Montou domine le village de Corbère-les-Cabanes dans les Aspres catalanes. C’est un massif calcaire classique du karst régional, façonné par l’érosion d’eaux souterraines sur des millions d’années. Ce relief rocheux est connu localement sous le nom de « montagne creuse » du fait des nombreuses cavités qu’il abrite.

🕳️ Réseau souterrain et grotte de Montou

Le principal réseau souterrain est souvent désigné sous l’appellation grotte de Montou. Il s’agit d’un ensemble de galeries, salles et passages formés par dissolution naturelle du calcaire (karst).

🔹 Longueur estimée : environ 2 400 m de développement exploré.
🔹 Dénivelé : environ 50 à 60 m entre les parties hautes et basses du réseau.
🔹 Structure : plusieurs salles, puits, cheminées et passages étroits.
🔹 Entrées : au moins trois entrées connues donnent accès au réseau depuis la colline.

📜 Intérêt historique et préhistorique

La grotte de Montou n’est pas seulement un réseau spéléologique : c’est aussi un site archéologique important. Des fouilles ont révélé des vestiges d’occupation humaine remontant à la préhistoire (Paléolithique moyen, Néolithique, Âge du Bronze), avec notamment des outils en pierre, céramiques et foyers anciens.

🐾 Faune, flore et protection

Le secteur de la colline et des grottes de Montou est classé Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF), notamment pour la richesse de sa faune cavernicole, de ses chauves-souris en particulier.

Les chauves-souris recherchent dans une grotte : une température stable (idéale pour l’hibernation), une hygrométrie élevée, l’obscurité totale et la tranquillité.

Le réseau de Montou, avec ses salles profondes, ses cheminées et ses zones peu ventilées, offre ces micro-climats variés. Certaines parties servent de zones d’hibernation hivernale (novembre à mars), d’autres de halte migratoire au printemps et en automne.

Toutes les chauves-souris de France sont protégées (espèces et gîtes). Le dérangement en période d’hibernation peut : provoquer un réveil, entraîner une dépense énergétique critique, et de là compromettre la survie de l’animal.

En pratique spéléo : limiter l’éclairage direct prolongé, rester discret et éviter les cris, ne jamais toucher un individu.

On rencontre fréquemment :

  • Grand rhinolophe
    Grande espèce emblématique, très fidèle à ses gîtes. Elle utilise les grottes pour l’hibernation et parfois pour le transit saisonnier.
  • Petit rhinolophe
    Plus discret et sensible au dérangement, il affectionne les cavités calmes et stables en température.
  • Minioptère de Schreibers
    Espèce méditerranéenne cavernicole par excellence, souvent en colonies importantes dans la région Occitanie.
  • Murin de Capaccini
    Plus rare et à fort enjeu patrimonial ; il fréquente les cavités proches de zones humides.
  • D’autres murins (genre Myotis) peuvent également utiliser le réseau ponctuellement.

sortie de la salle de l’Aigle

Altissimo – Préhistokids Préhistochilds

Avec Chloé, Kalycia, Nikita, Vlad, Abel, Mylène, Denys, Nico et François.

Alerte rouge vent, il y a deux jours. Aujourd’hui, c’est orange. On va se réfugier à la salle d’escalade de Cabestany à Altissimo pour une nouvelle séance placée sous le signe de la motivation et de la bonne humeur. En arrivant, accompagné de Chloé, nous avons fait la boutique de la salle :-). Les sacs à magnésie sont trop mignons. De vrais petites peluches. Puis nous avons rejoint la petite troupe. Chacun a pu s’exprimer sur les différentes lignes proposées par la salle. Les kids ont pris confiance sur les voies accessibles, tandis que les plus expérimentés se sont attaqués à des passages plus techniques, cherchant la précision des placements et la fluidité des mouvements. 5b pour Nikita et Abel sans trembler, bravo la team !!!

Belcaire – Préhistoziols Préhistoteens Préhistoolds

Avec Nikita, Zoé, Matilde, Aurélie, Denys, Pierre et François.

Oui mais non.