Avec Sophie, Roxane, Zoé, Faustine, Capucine, Matilde, Maëwan, Maël, Raphaël, Elsa, Héloïse, Aurélie, Damien, Guillaume, Alex, Denys, Pierre, Christophe, Félix, Noah, Arthur, la raya de Perpi : Alice, Maria, Jean-François et François.
Après deux mois de pluie quasi ininterrompue, le soleil fait enfin son grand retour. Le thermomètre dépasse les 20 °C… et nous en avions presque oublié ce que cela faisait ! Mais fidèles à nos habitudes, c’est sous terre que nous décidons de profiter de cette belle journée. Rencontre avec les chauves souris et autres concrétions.
Groupe des jeunes – Réseau supérieur
Les jeunes s’engagent dans le réseau supérieur par un puits artificiel. La progression débute par une désescalade dans un chaos rocheux, suivie d’une main courante aérienne où les plus grands doivent ramper pour franchir le passage. Un rappel de 15 mètres nous conduit ensuite vers la célèbre salle de l’Aigle.
Son accès est défendu par une chatière… très, très étroite ! Si les enfants la franchissent avec aisance, certains des plus grands doivent redoubler d’efforts pour ne pas rester coincés (voir la photo de Raphaël au retour !).
Dans la salle, place au jeu : descente d’un toboggan naturel avant de remonter par un escalier glaiseux particulièrement sportif. Il faut ensuite ressortir par la chatière pour revenir au pied du rappel. On se faufile dans des galeries étroites. Un détour par un laminoir poussiéreux sur la droite complète l’itinéraire avant une sortie par la grille.
Un goûter bien mérité vient conclure cette belle exploration.
Groupe des plus grands – Réseau inférieur
De leur côté, les plus grands partent explorer le réseau inférieur. Après un regroupement à la grille avec les plus jeunes, ils poursuivent la sortie en rejoignant à leur tour le réseau supérieur.
Mention spéciale à Noah et Arthur : ils avaient découvert ce réseau à l’âge de 7 ans. Aujourd’hui, ils encadrent les plus jeunes avec sérieux et enthousiasme. Bravo à eux !
De nets progrès
La progression des enfants est remarquable. Grâce aux compétences acquises sur les techniques de corde, ils sont désormais capables de s’engager dans des parcours plus techniques et ambitieux. Félicitations à tous pour votre engagement et votre esprit d’équipe !
Un grand merci à l’équipe du Club Alpin Français de Perpignan, et tout particulièrement à Alice, Maria et Jean-François pour leur accompagnement précieux.
Mention spéciale à Maria : sans elle, nous serions peut-être encore en train de chercher notre chemin dans ce réseau souterrain labyrinthique !
Montou
Le réseau souterrain de Montou est un vaste système karstique de plusieurs kilomètres, riche à la fois géologiquement et historiquement, mais exigeant pour ceux qui souhaitent l’explorer.
Situation et contexte géologique
La colline de Montou domine le village de Corbère-les-Cabanes dans les Aspres catalanes. C’est un massif calcaire classique du karst régional, façonné par l’érosion d’eaux souterraines sur des millions d’années. Ce relief rocheux est connu localement sous le nom de « montagne creuse » du fait des nombreuses cavités qu’il abrite.
🕳️ Réseau souterrain et grotte de Montou
Le principal réseau souterrain est souvent désigné sous l’appellation grotte de Montou. Il s’agit d’un ensemble de galeries, salles et passages formés par dissolution naturelle du calcaire (karst).
🔹 Longueur estimée : environ 2 400 m de développement exploré.
🔹 Dénivelé : environ 50 à 60 m entre les parties hautes et basses du réseau.
🔹 Structure : plusieurs salles, puits, cheminées et passages étroits.
🔹 Entrées : au moins trois entrées connues donnent accès au réseau depuis la colline.
📜 Intérêt historique et préhistorique
La grotte de Montou n’est pas seulement un réseau spéléologique : c’est aussi un site archéologique important. Des fouilles ont révélé des vestiges d’occupation humaine remontant à la préhistoire (Paléolithique moyen, Néolithique, Âge du Bronze), avec notamment des outils en pierre, céramiques et foyers anciens.
🐾 Faune, flore et protection
Le secteur de la colline et des grottes de Montou est classé Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF), notamment pour la richesse de sa faune cavernicole, de ses chauves-souris en particulier.
Les chauves-souris recherchent dans une grotte : une température stable (idéale pour l’hibernation), une hygrométrie élevée, l’obscurité totale et la tranquillité.
Le réseau de Montou, avec ses salles profondes, ses cheminées et ses zones peu ventilées, offre ces micro-climats variés. Certaines parties servent de zones d’hibernation hivernale (novembre à mars), d’autres de halte migratoire au printemps et en automne.
Toutes les chauves-souris de France sont protégées (espèces et gîtes). Le dérangement en période d’hibernation peut : provoquer un réveil, entraîner une dépense énergétique critique, et de là compromettre la survie de l’animal.
En pratique spéléo : limiter l’éclairage direct prolongé, rester discret et éviter les cris, ne jamais toucher un individu.
On rencontre fréquemment :
- Grand rhinolophe
Grande espèce emblématique, très fidèle à ses gîtes. Elle utilise les grottes pour l’hibernation et parfois pour le transit saisonnier. - Petit rhinolophe
Plus discret et sensible au dérangement, il affectionne les cavités calmes et stables en température. - Minioptère de Schreibers
Espèce méditerranéenne cavernicole par excellence, souvent en colonies importantes dans la région Occitanie. - Murin de Capaccini
Plus rare et à fort enjeu patrimonial ; il fréquente les cavités proches de zones humides. - D’autres murins (genre Myotis) peuvent également utiliser le réseau ponctuellement.

















sortie de la salle de l’Aigle












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